On voit parfois passer une vidéo sur les réseaux sociaux. Une personne est allongée, les yeux fermés. Son corps se met à bouger, sa respiration change, une émotion apparaît. Puis, quelques jours plus tard, on découvre une autre pratique, avec un autre nom, dans laquelle on observe quelque chose d’étonnamment proche.
Alors une question vient naturellement :
KAP, Qi Cleansing, Kundalini, Reiki, magnétisme, soins énergétiques… Les appellations sont nombreuses. Et lorsque l’on commence à s’intéresser à cet univers, il n’est pas toujours évident de comprendre ce qui distingue réellement les pratiques.
Est-ce que toutes ces pratiques font finalement la même chose ?
D’autant que le corps peut parfois raconter une histoire qui se ressemble : un tremblement, une respiration qui change, un mouvement spontané, des larmes, un rire, une sensation de chaleur ou, au contraire, une séance très calme.
Mais une expérience corporelle qui se ressemble ne signifie pas nécessairement que la pratique, son intention ou la manière de participer à la séance sont les mêmes.
C’est ce qui rend la comparaison entre le KAP et le Qi Cleansing intéressante.
Le soin énergétique : un univers, pas une méthode unique
Avant de comparer les deux, il faut peut-être préciser un terme que l’on rencontre souvent : soin énergétique.
L’expression ne désigne pas une méthode unique ni un protocole universel. Elle recouvre aujourd’hui des pratiques très différentes, avec leurs propres traditions, leurs propres concepts et leurs propres façons de travailler : Reiki, magnétisme, pratiques issues du Qi Gong, approches autour des chakras, ou encore certaines méthodes contemporaines.
Le KAP et le Qi Cleansing ne reposent donc pas sur un même protocole que l’on aurait simplement baptisé différemment.
Le KAP, pour Kundalini Activation Process, est une méthode contemporaine centrée sur la transmission et l’activation de la Kundalini. Le Qi Cleansing est présenté comme une pratique contemporaine issue du Qi Gong et de traditions énergétiques chinoises, centrée sur le nettoyage, la libération et la participation active de la personne à travers le souffle.
Ce sont ces différences qu’il faut regarder pour comprendre ce qui se passe réellement pendant une séance.
KAP : recevoir et laisser l’expérience se déployer
Dans le KAP, la personne s’allonge généralement sur un tapis, les yeux fermés, tandis que le
facilitateur utilise notamment le toucher ou une pression sur certains points du corps associés,
dans le cadre de la pratique, aux chakras ou aux méridiens. De la musique accompagne
habituellement la séance.
Le principe mis en avant par KAP est celui de la transmission.
La personne n’a pas à reproduire une série de mouvements ni à chercher volontairement à
provoquer une expérience. Elle reçoit et laisse ce qui se présente se déployer.
Dans le modèle énergétique propre au KAP, cette transmission est décrite comme une énergie qui
entre par le sommet du corps et participe à l’activation de la Kundalini. Il s’agit du cadre explicatif
propre à la méthode, et non d’un mécanisme physiologique établi scientifiquement.
Cela permet déjà de comprendre quelque chose d’essentiel : dans une séance de KAP, ne rien
chercher à faire constitue en soi une manière de participer.
Le corps peut bouger. Il peut rester parfaitement immobile. Une émotion peut apparaître ou non.
L’expérience n’est pas censée être mesurée à l’intensité de ses manifestations.
Qi Cleansing : quand le souffle est l’élément essentiel de la séance
Le Qi Cleansing propose une autre manière d’entrer dans l’expérience.
La personne est elle aussi allongée et reste habillée. Mais elle participe activement à la séance,
notamment à travers une respiration spécifique, le Dan Tian Tu Na, tandis que le praticien réalise
un protocole d’apposition des mains.
Dans l’enseignement du Qi Cleansing que je pratique, le souffle n’est donc pas simplement une
façon de se détendre avant le soin. Il fait partie du processus.
La personne respire, porte son attention sur ce qui se passe dans son corps et participe à la
séance pendant que le praticien suit son protocole.
La méthode est présentée par Moon’Arque comme une pratique de nettoyage et de libération,
avec une place importante accordée au corps, à la respiration et au travail du praticien. Sa
formation comprend notamment le protocole de Qi Cleansing, des pratiques respiratoires et
méditatives, ainsi que le travail de posture et de responsabilité du praticien.
C’est cette association entre souffle, présence corporelle et protocole énergétique qui caractérise
la façon dont je pratique le Qi Cleansing.
Et c’est aussi ce qui le distingue du principe de transmission mis en avant dans le KAP.
KAP ou Qi Cleansing : deux façons de participer à une
séance
Les deux pratiques peuvent donc se pratiquer allongé, les yeux fermés, dans un cadre où la
personne est invitée à porter son attention sur son expérience.
Mais la place qu’elle y occupe n’est pas la même.

Le tableau fait apparaître une distinction simple : les deux pratiques peuvent laisser une place
importante à ce que le corps exprime spontanément, mais elles ne demandent pas à la personne
d’y entrer de la même manière.
Et c’est probablement ce qui peut prêter à confusion lorsqu’on découvre ces pratiques à travers
une vidéo.
Pourquoi les deux pratiques peuvent-elles produire des
expériences qui se ressemblent ?
C’est l’une des choses les plus fascinantes lorsque l’on commence à observer ces pratiques.
Une personne peut trembler pendant une séance de KAP. Elle peut bouger spontanément,
modifier sa respiration, pleurer ou rire. KAP Academy présente ces manifestations comme des
phénomènes susceptibles d’accompagner la transmission, sans en faire l’objectif de la séance.
Dans une séance de Qi Cleansing, des mouvements ou des réactions émotionnelles peuvent
également apparaître. Mais ils ne sont pas obligatoires. Une personne peut vivre une expérience
très intense sans manifestation extérieure spectaculaire, tandis qu’une autre peut beaucoup
bouger.
C’est pourquoi je me méfie toujours d’une idée assez répandue dans l’univers des pratiques
énergétiques : plus le corps bouge, plus la séance aurait « fonctionné ».
Ce n’est pas si simple.
Un mouvement n’est pas une preuve de réussite.
Et l’absence de mouvement n’est pas une absence d’expérience.
Ce que la personne ressent intérieurement ne se mesure pas nécessairement à ce que l’on peut
observer depuis l’extérieur.
Les recherches consacrées aux expériences de Kundalini décrivent d’ailleurs des vécus très variés,
pouvant associer sensations corporelles, modifications de la perception, émotions et expériences
intérieures. Elles documentent ces expériences rapportées, mais ne permettent pas à elles seules
d’établir le mécanisme énergétique revendiqué par le KAP.
Cette distinction me paraît essentielle lorsqu’on parle de pratiques énergétiques : prendre une
expérience au sérieux ne signifie pas nécessairement considérer son interprétation comme un fait
scientifique établi.
Et la Kundalini dans tout ça ?
Le mot Kundalini renvoie à une histoire beaucoup plus ancienne que le KAP.
Dans différentes traditions spirituelles indiennes, la Kundalini est décrite comme une puissance
latente dont l’éveil est associé à une transformation profonde de la conscience. Certaines
traditions parlent notamment d’une circulation ou d’une ascension à travers un corps subtil et des
chakras.
Le KAP reprend cet héritage tout en proposant son propre cadre
Dans la présentation de KAP Academy, la transmission est notamment décrite comme entrant par
le sommet du corps avant de participer à l’activation de la Kundalini. C’est le modèle énergétique
présenté par la méthode.
Il faut donc éviter une confusion fréquente : KAP, Kundalini Yoga et les traditions anciennes autour
de la Kundalini ne sont pas simplement trois noms pour une même pratique.
Le vocabulaire peut se croiser. Les représentations peuvent parfois se rejoindre. Mais les
méthodes et les cadres de pratique sont différents
Ce que propose le Qi Cleansing
C’est ici que ma propre expérience devient pertinente.
Je pratique le Qi Cleansing et j’ai été formé à cette méthode. Je peux donc parler de ce que j’y
rencontre comme praticien, tout en faisant attention à ne pas présenter mon expérience comme
une preuve générale de ce que chacun doit vivre.
Dans une séance, le corps et le souffle occupent une place centrale.
La personne est allongée. Elle reste habillée. Le praticien réalise son protocole d’apposition des
mains et la personne participe activement par sa respiration, notamment à travers le Dan Tian Tuna.
Le travail ne consiste pas à attendre qu’un phénomène spectaculaire se produise.
Il s’agit plutôt de revenir au corps, respirer, ressentir et laisser de la place à ce qui se présente.
C’est cette dimension qui m’intéresse particulièrement dans le Qi Cleansing : la personne n’est
pas simplement spectatrice de sa séance.
Elle y participe.
Et même si le cadre de la pratique repose sur une conception énergétique qui n’est pas établie
comme un mécanisme scientifique, l’expérience vécue, elle, appartient à la personne qui la
traverse.
C’est aussi pour cette raison que je préfère parler de pratique plutôt que de promettre un résultat.
Expérience vécue et explication scientifique : ne pas
confondre les deux
Lorsqu’une personne dit : « J’ai senti quelque chose circuler dans mon corps. »
Il y a d’abord ce qu’elle a vécu. C’est son expérience.
On peut ensuite chercher à lui donner un sens : énergétique, spirituel, psychologique, corporel ou
autre. Mais passer de l’un à l’autre demande de la prudence.
Les recherches scientifiques sur les expériences liées à la Kundalini commencent à documenter
certains de ces vécus, mais elles restent encore limitées et portent sur des pratiques et des
populations diverses. Elles ne permettent pas de démontrer le modèle énergétique propre au KAP
ou au Qi Cleansing.
Cette nuance n’enlève rien à l’expérience. Au contraire. Elle permet de lui laisser sa place sans avoir besoin de lui faire dire plus qu’elle ne dit.
Alors, KAP ou Qi Cleansing ?
La question n’appelle peut-être pas une réponse unique.
Elle dépend surtout de ce que l’on vient chercher dans une pratique et de la manière dont on
souhaite participer à la séance.
Le KAP propose un cadre centré sur la transmission et l’activation de la Kundalini, avec une
posture de réception et de lâcher-prise.
Le Qi Cleansing propose un cadre dans lequel le souffle, l’attention portée au corps et le protocole
énergétique du praticien occupent une place centrale.
Ce ne sont donc pas simplement deux noms pour une même expérience. Et il n’est pas nécessaire de décider que l’une est « meilleure » que l’autre pour comprendre ce
qui les distingue.
Vous souhaitez découvrir le Qi Cleansing ?
Si votre curiosité vous conduit plutôt vers une pratique dans laquelle le corps et la respiration
prennent une place active, vous pouvez maintenant aller plus loin et découvrir concrètement ce
qu’est une séance de Qi Cleansing.
J’y présente la pratique, son déroulement, ce que l’on peut ressentir pendant une séance et les
questions que l’on peut légitimement se poser avant de commencer.
→ Découvrir le Qi Cleansing
Et si vous découvrez plus largement l’univers des soins énergétiques, un autre article du site vous
permettra de comprendre ce que recouvre cette expression, les différentes approches que l’on
peut rencontrer et la place du Qi Cleansing parmi elles.
→ Qu’est-ce qu’un soin énergétique ?
La séance reste ensuite une expérience personnelle.
On peut lire beaucoup de choses sur une pratique.
Mais il arrive un moment où le corps a simplement besoin de faire sa propre expérience.
Sources
KAP Academy, présentation du Kundalini Activation Process et de son cadre de pratique.
Moon’Arque, présentation du Qi Cleansing et de sa formation.
Erik Pigani, Reiki : tout savoir sur ce soin énergétique japonais, Psychologies, publié en 2009,
modifié en 2023. Cet article constitue également une référence intéressante pour la manière
d’aborder une pratique énergétique avec contexte, description concrète et recul.
Lise Lafaurie, Les thérapies holistiques : une approche complémentaire à la médecine, Doctissimo,
mise à jour en septembre 2026.
Laurence Lemoine, Ce que mon corps dit de moi, Psychologies